NewsLetter

Pour rester au courant de l'actualité de la paroisse Notre Dame des 3 Rivières, inscrivez-vous à nos listes de diffusions

En pratique

Horaire des messesformationoecumenisme


 

Prendre Date

se_module_calendrier_111 - style=default - background=
<<   201903<20202 mars 2020 >20204   >>202103
lun mar mer jeu ven sam dim
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
111202003

Réseaux Sociaux

PointLink.net Joomla Extensions

Accueil

DIMANCHE 2 DU CONFINEMENT

Aujourd'hui, 22 mars 2020, 2ème dimanche de confinement.

Notre curé, le Père Gérard de Rodat, chaque semaine pendant cette crise du covid-19, nous enverra un courrier. Lien indispensable entre notre communauté et son pasteur. Il l'a fait hier pour beaucoup mais n'a pas le mail de chacun. Aussi, vous retrouverez ce courrier ici, sur le site.

Cette semaine, 4ème Dimanche de Carême, le Père Michel Guérin nous envoie un extrait du Père Teilhard de Chardin.

Merci de penser au troupeau confiné.

 

 

Abbé Gérard de Rodat

Presbytère

16 Rue Henri Farbos

40000 Mont de Marsan

 

O6 28 19 16 64                                                                                           Samedi 21 mars 2020

 

Chers paroissiens, chers amis,

Chères religieuses,

Chers frères prêtres et diacres,

A la veille de ce dimanche, avec cette lettre, je me permets de venir vous rejoindre chez vous, dans votre « confinement ».

Alors que le dimanche les chrétiens sont habituellement invités à se rassembler pour célébrer le Christ mort et ressuscité, c’est désormais dans le confinement de leur maison qu’ils sont désormais invités à demeurer. Je sais que pour beaucoup cette situation est douloureuse : le rassemblement dominical n’est-il pas l’occasion pour une communauté de nourrir sa foi et son espérance ? Jusqu’à quand serons-nous privés de cette indispensable nourriture spirituelle ?

Dans mon cœur de prêtre, je souffre avec vous tous. Je souffre aussi avec toutes les personnes qui sont hospitalisées. Je souffre avec tous les personnels soignants qui sont mobilisés. Je souffre avec chacune de vos familles désormais privées de toute rencontre familiale ou amicale. Je souffre avec toutes les entreprises qui doivent faire face à de nombreuses restructurations pour réagir à la crise économique conséquente à la pandémie du COVID-19.

Dans mon cœur de prêtre, je prie aussi avec vous tous. Chaque matin, à 8H30, je célèbre l’Eucharistie. Je dépose sur ma table les nombreux listings de vos noms pour dire au Seigneur que je ne suis pas seul, dans ma prière. C’est ma façon de vivre une réelle communion avec vous tous, avec vos familles, avec vos amis, avec aussi tous les oubliés.

Lors d’une ultime réunion de l’équipe d’Animation Pastorale Paroissiale (EAPP), Thérèse Truchetet a eu ce très beau mot : « Le coronavirus doit se transformer en coronatonus ! »

Et si la crise que nous connaissons aujourd’hui pouvait être l’occasion d’un nouveau tonus pour nous-mêmes et pour nos paroisses ?

C’est dans cette espérance que je vous invite à poursuivre la route. « Confinement » ne veut pas dire « arrêt de toute activité ». C’est désormais dans nos maisons qu’il nous faut trouver les moyens de nourrir notre vie spirituelle.

Sur le site internet de la paroisse Notre-Dame-des-Trois-Rivières, http://notredamedes3rivieres.fr/ , mais aussi sur le site de notre diocèse, https://diocese40.fr, vous trouverez de nombreuses propositions.

Cette semaine, le mercredi 25 mars, à 19H30, en la fête de l’Annonciation, un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres ! 

 C’est désormais dans l’union de prière et de pensée que nous sommes appelés à vivre la communion.

Bon dimanche à tous !

Gérard de Rodat, curé

 

Michel Guérin

 

Saint-Pierre-du-Mont

 

 

 

 

 

Chères amies,

 

Chers amis,

 

 

 

Ce dimanche à 11h00, c'est à l'église de Saint-Pierre que je célèbrerai l'eucharistie. Conformément aux directives de confinement qui nous concernent tous, ce sera donc impérativement seul. Mais par le lien de l'esprit - et le secours de l'Esprit saint, ce sera en communion effective avec qui le voudra.

 

 

 

Portez dans l'intimité de votre coeur vos intentions personnelles, pour vous-mêmes, vos proches ou vos défunts. Soyez assurés, à l'avance ou rétrospectivement, qu'elles seront tout à l'heure élevées sur la patène avec le pain et versées dans le calice avec le vin.

 

 

 

C'est en ce sens que je livre à votre méditation ce passage parmi les plus hauts de La Messe sur le Monde du P. Teilhard de Chardin démuni en Chine des espèces eucharistiques, en plus d'assemblée.

 

 

 

Bien à vous, et paisible confinement,

 

 

 

Michel Guérin

 

 

 

______________________________________

 

 

 

 

 

Puisque,  une fois encore, Seigneur, non plus dans les forêts de l’Aisne, mais dans les steppes d’Asie, je n’ai ni pain, ni vin, ni autel, je m’élèverai par-dessus les symboles jusqu’à la pure majesté du Réel, et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l’autel de la Terre entière, le travail et la peine du Monde.

 

            Le soleil vient d’illuminer, là-bas, la frange extrême du premier Orient. Une fois de plus, sous la nappe mouvante de ses feux, la surface vivante de la Terre s’éveille, frémit, et recommence son effrayant labeur. Je placerai sur ma patène, ô mon Dieu, la moisson attendue de ce nouvel effort. Je verserai dans mon calice la sève de tous les fruits qui seront aujourd’hui broyés.

 

            Mon calice et ma patène, ce sont les profondeurs  d’une âme largement ouverte à toutes les forces qui, dans un instant, vont s’élever de tous les points du Globe et converger vers l’Esprit. – Qu’ils viennent donc à moi, le souvenir et la mystique présence de ceux que la lumière éveille pour une nouvelle journée !

 

            Un à un, Seigneur, je les vois et les aime, ceux que vous m’avez donnés comme soutien et comme charme naturel de mon existence. Un à un, aussi, je les compte, les membres de cette autre et si chère famille qu’ont rassemblée peu à  peu, autour de moi, à partir des éléments les plus disparates, les affinités du cœur, de la recherche scientifique et de la pensée.

 

Plus confusément, mais tous sans exception, je les évoque, ceux dont la troupe anonyme forme la masse innombrable des vivants : ceux qui m’entourent et me supportent sans que je les connaisse ; ceux qui viennent et ceux qui s’en vont ; ceux-là surtout qui, dans la vérité ou à travers l’erreur, à leur bureau, à leur laboratoire ou à l’usine, croient au progrès des Choses, et poursuivront passionnément aujourd’hui la lumière.

 

            Cette multitude agitée, trouble ou distincte, dont l’immensité nous épouvante, – cet Océan humain, dont les lentes et monotones oscillations jettent le trouble dans les cœurs les plus croyants, je veux qu’en ce moment mon être résonne à son murmure profond. Tout ce qui va augmenter dans le Monde, au cours de cette journée, tout ce qui va diminuer, – tout ce qui va mourir, aussi, – voilà, Seigneur, ce que je m’efforce de ramasser en moi pour vous le tendre ; voilà la matière de mon sacrifice, le seul dont vous ayez envie.

 

            Jadis, on traînait dans votre temple les prémices des récoltes et la fleur des troupeaux. L’offrande que vous attendez vraiment, celle dont vous avez mystérieusement besoin chaque jour pour apaiser votre faim, pour étancher votre soif, ce n’est rien moins que l’accroissement du Monde emporté par l’universel devenir.

 

            Recevez, Seigneur, cette Hostie totale que la Création, mue par votre attrait, vous présente à l’aube nouvelle. Ce pain, notre effort, il n’est de lui-même, je le sais, qu’une désagrégation immense. Ce vin, notre douleur, il n’est encore, hélas ! qu’un dissolvant breuvage. Mais, au fond de cette masse informe, vous avez mis – j’en suis sûr, parce que je le sens – un irrésistible et sanctifiant désir qui nous fait tous crier, depuis l’impie jusqu’au fidèle : « Seigneur, faites-nous un ».

 

            Parce que, à défaut du zèle spirituel et de la sublime pureté de vos Saints, vous m’avez donné, mon Dieu, une sympathie irrésistible pour tout ce qui se meut dans la matière obscure, – parce que, irrémédiablement, je reconnais en moi, bien plus qu’un enfant du Ciel,  un fils de la Terre, – je monterai, ce matin, en pensée, sur les hauts lieux, chargé des espérances et des misères de ma mère ; et là, – fort d’un sacerdoce que vous seul, je le crois, m’avez donné, – sur tout ce qui, dans la Chair humaine, s’apprête à naître ou à périr sous le soleil qui monte, j’appellerai le Feu.

 

 

 

Pierre Teilhard de Chardin, 1923