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MEDITATION POUR LE TEMPS DE PÂQUES

Dominique Quinio dans La Croix du 7 avril

Chapelle construite par les migrants chrétiens dans la jungle de Calais.
Photo parue dans La Croix du 1er  avril 2015 (Vincent Wartner/hanslucas.com)

Elle nargue la grisaille, cette croix maigrelette. Signifiant à toux ceux qui veulent bien la voir que parmi ces migrants, venus du Soudan, d’Érythrée, d’Éthiopie, en quête d’un destin meilleur, il y a des chrétiens. Elle nous enseigne également, tout comme le lieu de prières pour les musulmans, lui aussi « déménagé » d’un bidonville à l’autre, que la religion est pour ces hommes, ces femmes, ces enfants démunis de tout, un point d’ancrage, une richesse dans un univers où ils n’ont rien.

Cette appartenance religieuse n’est ni un outil de propagande, ni un instrument de pouvoir. Mais une manière de se rappeler qui ils sont sur cette terre étrangère, de se regrouper par communautés d’origine et de croyance, un lieu où croire en l’avenir, où alléger – un bref moment – le poids du fardeau. Une forme de carte d’identité pour des clandestins dépourvus de tous papiers officiels.

Paradoxale leçon dans une France qui, inquiète des menaces islamistes, tend à faire de la laïcité un tel absolu qu’elle rejette hors de l’espace public tout ce qui peut être perçu comme religieux. Ainsi engluée dans cette méfiance irraisonnée, la RATP en est venue à refuser l’affichage d’un concert en faveur des chrétiens d’Orient, pour ne pas sembler prendre parti dans un conflit extérieur à la France. Comme si, en l’occurrence, les chrétiens d’Orient étaient dans l’un ou l’autre camp des guerres de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, comme s’ils n’étaient pas, avec d’autres victimes d’ailleurs, les otages impuissants de violences qui les dépassent. Chrétiens d’Orient pour lesquels le ministre des affaires étrangères de cette même France a plaidé à l’ONU !

Cette pauvre croix, si peu ostentatoire, nous rappelle en ce temps pascal qu’elle représente pour les chrétiens du monde – surtout les plus petits, les plus fragiles, les plus étrangers – un repère, un refuge, une espérance.

Dominique Quinio